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Le
Pas Roland
Sur le flanc
est de la butte de Mons-en-Pevèle, une ancienne carrière
de grès n'a cessé d'aiguiser l'imagination de ceux qui l'ont
contemplée au fil des siècles.
Une première
légende raconte que du temps de Charlemagne, son neveu Roland serait
passé par là. Il venait de Phalempin à cheval quand
sa monture s'arrêta à la fontaine Saint-Jean pour s'abreuver.
L'endroit était infesté de moustiques et le cheval se mit
à faire aller sa queue et à piétiner le sommet du
mont, si bien qu'il décrocha un morceau de terre d'un coup de sabot
lequel atterrit à huit lieues de là, à Tournai, pour
former le mont Saint-Aubert.
Un deuxième
récit prétend que le cheval venait de Moncheaux et qu'après
être passé par le Bois de Bellin et le Trou Maurand, des
noms qui sont souvent associés à des souvenirs de géants,
il butta dans le mont et arrosa de boue tout le Douaisis.
Enfin une
troisième version affirme que c'est le géant Roland lui-même
qui trébucha dans la terre alors qu'il se rendait à Tournai
.
Tous ces
récits ont un point commun : le géant Roland, lequel devient
ainsi le principal responsable de cet aménagement mythique de l'espace.
La chose
n'est pas nouvelle en soit. Dans cet ordre d'idée, la mémoire
populaire a longtemps conservé, par exemple, le souvenir du passage
de Gargantua qui a façonné les crocqs du Boulonnais et fabriqué
un peu partout des monts Blancs en Artois. En Flandre, c'est encore le
cheval de Roland qui, depuis Ypres, aurait fait les fameux monts.
Bernard
Coussée - Président du Cercle d'Etudes Mythologiques
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